Tryptique+remember Yorktown / réddition / Cheesapeake

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23 avril 2016

Steve Pieczenik intimidé "à la mode soviétique" pour avoir osé témoigner sur une question de santé publique : une leçon quant à la réalité concrète des États-Unis aujourd'hui...


Un cas intéressant en Droit de l'Environnement, avec une double connexion géopolitique (la Syrie et le manque d'eau + l'"Arme de la faim"), mais surtout une leçon quant au système américain initial aujourd'hui inverti : Quand l'État américain laisse ses meilleurs serviteurs être persécutés par des intérêts privés... voilà ce qui arrive :


Le Dr. Steve Pieczenik a été requis pour s'exprimer devant la réunion de la commission du comté de Bradford, sujet des effets sanitaires délétères que l'exploitation d'une mine de phosphate pourrait avoir sur la population locale[1]

Jack Hazen et un autre homme se sont approchés du Docteur après qu'il se soit rassis, et ont commencé à l'importuner et ensuite on te utilisait les officiers présents pour demander au Dr. Pieczenik et à sa femme de partir. 

Jack Hazen est l'un des responsables de la Compagnie minière prétend que la compagnie planifie d'utiliser une technique "unique" et une nouvelle technologie afin d'excaver de phosphate (« Community grapples with proposed phosphate mining project », First Coast News, média local de Floride 7 mars 2016).
Hazen minimise tout effet négatif sur la santé, qu'il s'agisse de cancer ou de quoi que ce soit d'autre, venant de des activités minières relatives aux phosphate. Il déclare qu'il a des preuves scientifiques pour appuyer cela, incluant le soutien d'un professeur de l'Université de Floride. (« Residents stand in opposition to proposed phosphate mining », First Coast News, 4 mars 2016)

Voir la Page Facebook de cette mobilisation locale des citoyens de Floride opposés à cette mine de phosphate, la réunion de la commission ici évoquée semble être relative à un recours collectif (Class Action) engagé contre la compagnie, ou bien à des consultations publiques préalables à la validation du projet minier

 Le temps fort de l'intimidation, qui a eu lieu à la Réunion de la commission du Comté de Bradford [Bradford County]:





Le Dr. Pieczenik témoignant face aux commissaires du comté de Bradford au sujet des dangers pour la santé du travail dans les mines de phosphate.

L'homme en bleu ciel [semble être Wayne Davis, d'après cette vidéo identique comportant d'autres informations] s'est montré goguenard face aux citoyens exprimant leur opposition à la mine proposée. Il écoutait le discours de Dr. Pieczenik lorsqu'a été prise cette photo.
 
            Un moment après que le Dr. Pieczenik se soit rassis, Jack Hazen (l'homme aux cheveux blancs ici) s'est approché de lui et lui a parlé, le pointant du doigt d'une façon qui paraissait menaçante. Le Dr. Pieczenik a été surpris et a attrapé son bras en se levant. Le même homme vu plus haut en chemise bleue ciel s'est alors approché et a semblé menacer Pieczenik. Jack Hazen est l'un des propriétaires désireux de démarrer l'exploitation d'une mine de phosphate (aux côtés de Eddie Douglas).
            Cette vidéo montre la situation (à partir de2'04'') à partir de cet instant-là.


            L'officier en chemise sable fait quelques pas en avant tandis que l'homme en chemise bleue continue de menacer le Dr. Pieczenik. Pourquoi donc l'officier n'a-t-il pas intimé l'ordre de s'en aller à l'homme a la chemise bleue de s'en aller?



L'homme en chemise bleue continue d'être véhément et conflictuel.

Plutôt que de sortir l'homme en chemise bleue et Jack Hazen, l'officier tente de faire ce rasseoir le Dr. Pieczenik.


L'homme en chemise bleue, l'agresseur surveille la scène tandis que les officiers essayent de faire ce rasseoir le Dr. Pieczenik. Les officiers n'ont jamais essayé de faire sortir [ne serait-ce que se calmer] Jack Hazen ou l'homme en chemise bleue.
Trois officiers  ont ensuite forcé le Dr. Pieczenik à sortir dans le couloir, tandis que Jack Hazen est cet homme surveillaient toujours.

Trois officiers ont bloqué le Dr. Pieczenik dans un coin, tandis que sa femme tentait de les raisonner afin qu'il ne laisse aller. L'homme en chemise bleue a dit aux officiers d'arrêter, en pointant du doigt David qui était en train de filmer l'incident. L'officier en chemise sable à regarder l'homme en chemise bleue et a dit ensuite de relâcher le Dr. Pieczenik et de le laisser aller avec sa femme. Qu'y a-t-il donc de bizarre dans cette scène? Si nous n'avions pas été en train de filmer et prendre des photos, que serait-il donc arrivé au Dr. Pieczenik? Pour qui donc ces deux officiers travaillent-ils?

Enregistrement intégral de la session de la commission du comté de Bradford (BradfordCountyFL.gov, lien retiré le 25 avril 2016, semble avoir été rétabli entre-temps, peut-être caviardé dans l'intervalle)
Les photos et description peuvent être trouvées sur la page Facebook de Karen Chadwick



Transcription de la déclaration de Pieczenik à l'audience du Comté de Bradford (vidéo ici), ayant été à l'origine de l'incident:

« Mon nom est Dr. Steve Pieczenik, [...] je suis un Docteur en Médecine, j'ai officié dans la zone de New York et Boston dans le Nord [des États-Unis, par rapport à la Floride]. Il m'a été demandé de venir ici, parce que le commissaire [commissionner = membre de la Commission] Reddick[2] était très préoccupé au sujet de quelque chose sur quoi à la base je ne savais rien : je n'en savais rien [de ce qui était en débat] ici, dans le comté de Bradford, mais ironiquement je venais du Montana, et au Montana nous avions eu le même problème que celui auquel vous [les commissaires, décideurs locaux] êtes aujourd'hui confrontés : nous avions eu des compagnies minières qui sont arrivées, qui nous ont promis les dernières techniques, et devinez ce qu'il s'est passé ? Les enfants ont commencé à être malades, j'ai commencé à voir défiler [en tant que médecin] des enfants qui faisaient de l'asthme, nous avons commencé à avoir des anomalies génétiques, des problèmes neurologiques, pourquoi donc? Parce que le phosphate dans le système [dans le corps humain] met en échec l'oxygène, et ce que vous avez alors c'est de l'algue marine rouge [red algie], et quand vous commencez à avoir de l'algue marine rouge et d'autres types de fonge, là vous commencez à avoir là un très sérieux problème médical [/de santé publique[3]].
Ce problème médical ne fait pas que m'indisposer moi en tant que médecin, mais malheureusement vous tous en tant que commissaires [décideurs publics] : parce que ce n'est qu'un avertissement miniature par anticipation que je vous adresse ici, mais je voudrais vous adresser à l'ancien Assistant du Chirurgien Principal [Assistant Surgeon General], parce que je ne savais pas que cela était [aujourd'hui] une réunion formelle, mais pas typiquement ce genre de réunion informelle dont les compagnies minières ont le secret : elles s'avancent "sous le radar" [de manière furtive]. Et en passant, j'ai travaillé pour le Gouvernement et dans le domaine du renseignement : je sais exactement comment elles travaillent, j'ai vu l'activité de ces compagnies partout dans le monde. Je les ai vus en Chine (mais la Chine n'a pas besoin du phosphore[4]), je les ai vues aussi en Syrie.
Mais permettez-moi de revenir à la maladie [illness] : cette maladie est si sévère que nous n'arrivons que difficilement à la restreindre : nous n'avons pas de médicaments antifongiques, pas non plus d'antibiotiques à même de traiter cela. Ainsi le comté tout entier doit être averti de ces carences et mauvaises pratiques médicales [=que sa responsabilité pourrait être engagée] si quoi que ce soit devait arriver, ou l'asthme augmenter ou d'autres problèmes gastro-intestinaux survenir. Et croyez-moi, si vous pensez que Flint, Michigan[5], est un problème, vous n'avez rien vu de ce qu'il pourrait advenir dans le comté de Bradford : chacun d'entre vous, individuellement, va être poursuivi, la compagnie [entreprise] va être poursuivie aussi, il ne s'agira pas uniquement de poursuites civiles mais également criminelles, car comme vous pouvez le voir dans le cas de Flint, Michigan il y a bien eu des poursuites criminelles. Parce que vous devez prendre le temps nécessaire, pour appeler à la cause les spécialistes médicaux appropriés et croyez-moi : j'ai été entraîné [formé] à Harvard, à Cornell[6], mais je ne suis même pas pour autant le spécialiste approprié. Nous avons dans le comté de Bradford l'ancien Assistant du chirurgien principal des États-Unis [assistant surgeon general] et elle n'a jamais été appelée à la cause ici. Honte sur vous[7]! Vous avez des [grands] professeur de médecine à Melrose, et vous n'avez même pas pensé à les appeler. Si Danny 2'55'' ne m'avait pas appelé par hasard, je n'aurais jamais été ici.
Mais une compagnie minière c'est une déclaration de guerre [sanitaire] : il ne s'agit pas simplement d'une déclaration "d'affaires", car dans chaque pays dans lequel j'ai pu aller où l'eau pose problème, ça se termine toujours en déclaration de guerre. Pourquoi ? J'ai été en Syrie, au nom de notre Gouvernement, juste avant la guerre civile. Contrairement à ce que vous pensez, la guerre civile en Syrie n'a rien à voir avec la religion, mais avec l'eau. L'eau à Damas était la revendication initiale : l'eau se raréfiait en amont de Damas et de Homs et Hama, là où j'ai été interrogé par le processus d'interrogation syrien [civil a priori ici, il a certainement dû être appelé en tant qu'expert médical international, certainement aussi avec une idée de renseignement derrière], m'a montré exactement à quel point ils avaient peu d'eau, alors tout le monde a fui jusqu'à Damas, de la même manière que les gens fuiraient d'ici jusqu'en d'autres lieux dans la même situation. Ce qu'il s'est passé finalement? Une guerre civile.
Ne pensez donc pas qu'il s'agisse d'une décision bénigne qui vous est demandée ici : il y a tant d'enjeux qui sont impliqués : médicaux, politiques, économiques, et légaux. Je vous demande donc en tant que médecin, en tant qu'expert/interprète auprès du comté de Bradford et en tant que fier citoyen de ce comté : réfléchissez bien à ce que vous allez faire, déclarez un moratoire d'un an. Dire qu'un tel moratoire ne serait pas nécessaire serait absurde, si ce n'est arrogant ou stupide. Ce que vous allez devoir faire [adopter le moratoire], ne serait-ce que pour la raison légale [suivante]: je peux vous assurer que cette compagnie minière est aussi malhonnête que le jour est long[8], ça ne fait pas l'ombre d'un doute dans mon esprit.
Et si vous pensez que je suis un gauchiste[9], laissez moi vous dire quels ont été mes fonctions : j'ai été Assistant Sous-secrétaire d'État sous Reagan, FOrd, Nixon, Bush Sr. [également Carter] et pour le compte des militaires.
Donc : à la minute où vous allez commencer [à valider] ce projet [de mine de phosphate], vous allez commencer à avoir de très sérieux problèmes, plus que tout ce que vous avez pu imaginer. Je n'irai jamais nager dans des eaux contaminées au phosphore, parce que le phosphore va faire décroître la quantité d'oxygène dans l'eau. Ceci ne va pas se passer, je vous le garantis[10].
Je vous remercie [applaudissements de l'auditoire]»



Traduction CVR de la vidéo mise en ligne avec d'autres détails ici : « Des étincelles comté de Bradford, tandis que la proposition d'une mine de phosphate divise les communautés du nord de la Floride [Sparks Fly as Phosphate Mining Proposal Divides North Florida Communities] » (Chemtrailsplanet.net[11], 24 avril 2016)


NB : Rapprocher de l'histoire d'Erin Brockovich,dont il fut fait un film, mais dont nous voyons que l'héritage est aujourd'hui compromis... Remarquons là encore comme Hollywood encense des cas isolés, faisant oublier la réalité...


[1] Les Américains disent spontanément "la communauté" [the community], sans sous-entendu péjoratif comme on peut l'entendre en France (« la communauté musulmane », « la communauté juive »...)
[2] Commissionner Reddick
http://www.tampagov.net/city-council/about-us/frank-reddick
[3] Il semble que deux sujets soient ici couplés : les troubles internes au corps humain d'une part, et ici une allusion à l'eutrophisation des écosystèmes aquatiques, phénomène bien connu de pollution des eaux liée aux phosphates.
[4] Référence ici aux fait que l'exploitation des phosphates sont liées à l'agriculture intensive, et par extension à l'utilisation géopolitique de ce que l'appelle l'"arme de la faim". L'un des tous premiers a en avoir parlé fut Luis Gonzalèz-Mata dans son remarquable ouvrage : « Les vrais maîtres du monde » (Éditions Grasset & Fasquelle, 1979); des ouvrages de Jean Ziegler peuvent aussi contribuer à éclairer le sujet, par exemple « L’Empire de la honte » (Éditions Fayard,‎2005),
[5] Référence à la crise sanitaire, en 2016 dite de "Flint Michigan" (intoxication massive au plomb dans l'eau potable de la ville, ayant conduit le Gouverneur à déclarer l'état d'urgence sanitaire.
[6] Université réputée dans le domaine médical.
[7] NDT : "Shame on you" n'est pas aussi puissant dans son sens que la façon dont on l'utilise en français.
[8] Littéralement "c'est autant une escroquerie que le jour est long", traduction notamment de l'expression anglaise fourre-tout « as ... as the day is long ».
[9] "Liberal" au sens américain, c'est-à-dire un activiste toujours opposé à la marche des affaires pour une entreprise...
[10]Il y a certainement ici un semblant d'intimidation subtile de la part de Pieczenik, faisant comprendre à des petits commissaires locaux qu'il a certainement "le bras long". D'autres observateurs le remarquent comme par exemple : « Bradford County Residents Receptive To Phosphate Mine » (Wuft, média local de Floride, 15 mars 2016) : « Je pense qu'ils lui ont cherché des noises au mauvais client », et renvoyant vers la biographie de Pieczenik disponible sur son site officiel. Il nous semble plus vraisemblable que l'État américain de Obama se contrefout du bien-être de son peuple, et qu'il y a une part de bluff chez Pieczenik ici, afin d'appuyer son propos...
[11] Pour information concernant les Chemtrails, comprendre en lisant le très sérieux « L'Histoire secrète des armes biologiques » (Patrick Berche, Professeur de microbiologie, qui était au moment de la sortie du livre Doyen de la Faculté de Médecine Paris-Descartes, conseiller du Ministre de la Défense pour le risque biologique et membre de l'Académie nationale de médecine) : on n'y dit que dès les années 1950 ont été effectuées des épandages de "simulants" sur la population américaine, la faim de tester les modalités d'utilisation des armes biologiques. Un lecteur attentif saura tirer des conclusions opportunes tout en gardant son sang-froid...

19 avril 2016

[additif] Résultat des deux primaires pour l'Etat de New York.

« New York primary election results » (Washington Post, 19 avril 2016) : résultat en direct des deux [élections] primaires (parti Républicain d'une part, parti Démocrate d'autre part) pour l'Etat de New York : c’est encore serré pour Hillary et Bernie, tandis que Trump raffle 89 grands électeurs sur 95.





14 avril 2016

[Additif : Wall Street Journal via LesCrises.fr] « Laissez-moi poser une question à l’Amérique », par Donald J. Trump : l'inversion du système américain son peuple, depuis J.F. Kennedy...

Qu’a fait le “système” pour vous et votre famille ? Pas étonnant que les électeurs veuillent un changement.

NB CVR : avoir en mémoire le propos de J.F. Kennedy, pour comprendre l'inversion du système américain contre son propre peuple, depuis la mort de Kennedy : « ne demandez pas ce que votre pays peut faire pour vous, mais bien ce que vous pouvez faire pour votre pays.» (Discoursd'investiture du Président John Fitzgerald Kennedy, Capitole des États-Unis, Washington, D.C., 20 janvier 1961)...


            Par DONALD J. TRUMP, 14 avril 2016

            « Le samedi 9 avril, au Colorado avait lieu une élection sans électeur. Les représentants ont été désignés pour la candidature à la présidence, et pourtant les gens du Colorado n’ont pas eu l’occasion de voter pour dire quel candidat ils préféraient.
            Un vote prévu a été annulé. Et un million de républicains du Colorado ont été mis à l’écart.
            Ces jours derniers, quelque chose de bien trop prévisible s’est produit : les politiciens ont furieusement défendu le système. “C’est le règlement,” nous a-t-on dit encore et encore. Si le “règlement” peut être utilisé pour empêcher les habitants du Colorado de voter pour obtenir de meilleurs accords commerciaux, ou des frontières renforcées, ou mettre fin à l’achat de votes du Congrès par des intérêts privés – et bien, c’est le système et nous devons faire avec.
            Laissez-moi poser une question à l’Amérique : Qu’a fait le “système” pour vous et votre famille ?
            Pour ma part, cela ne m’intéresse pas de défendre un système qui depuis des décennies a servi les intérêts des partis politiques au détriment du peuple. Les membres du club – les consultants, les instituts de sondages, les politiciens, les experts et les intérêts privés – se sont enrichis et sont devenus plus puissants, tandis que les Américains se sont appauvris et ont été écartés.
            Personne n’a fait pression pour annuler le vote du Colorado. Des politiciens à l’intérieur du système ont décidé de l’annuler. Et c’était une mauvaise décision.
            Des chefs responsables devraient être choqués par l’idée que des membres de partis puissent tout simplement annuler des élections en Amérique, s’ils n’aiment pas ce que les électeurs pourraient voter.
            Le seul remède à des décennies de régime désastreux aux mains d’une élite est une volonté populaire bouillonnante. A chaque échéance concernant ce pays, le peuple s’est révélé avoir raison et les élites dirigeantes tort. Les élites ont tort sur les taxes, sur la taille du gouvernement, sur le commerce, sur l’immigration et sur la politique extérieure.
            Pourquoi ferions-nous confiance à des gens qui n’ont pris que de mauvaises décisions pour substituer leur volonté à celle de l’Amérique dans cette élection présidentielle ?
            Ici, je me distingue du sénateur Ted Cruz.
            M. Cruz a parcouru le pays en fêtant sa victoire sans électeur au Colorado. Pour un homme qui se proclame en guerre contre “l’establishment” (on ne le devinerait pas d’après la liste de ses donateurs et soutiens), on pourrait penser qu’il exigerait un vote des habitants du Colorado. Au lieu de ça, M. Cruz se réjouit de leur privation du droit de vote.
            Ainsi, M. Cruz fanfaronne joyeusement chaque fois qu’un cadre du parti spolie des électeurs dans un district du congrès en nommant des délégués qui voteront l’exact opposé de la volonté des habitants de ce même district.
            C’est parce que M. Cruz n’a pas de légitimité pour être démocratiquement élu. Il aurait été mathématiquement éliminé par les électeurs.
            Pendant que je m’autofinance, M. Cruz récolte des millions de la part d’intérêts privés. Et malgré cet avantage financier, M. Cruz n’a remporté que trois primaires en dehors de son État et est à la traîne de deux millions de votes – un écart qui ne peut que se creuser. M. Cruz perd à chaque fois que les gens sont appelés aux urnes. La privation de vote n’est pas un des outils de la stratégie Cruz – c’est la stratégie Cruz.
            La grande ironie de cette campagne est que le “Washington cartel” que M. Cruz critique est le même groupe sur lequel il compte pour sa stratégie de privation de vote.
Ma stratégie de campagne est de gagner grâce aux électeurs. Celle de Ted Cruz est de gagner malgré eux.
            Ce à quoi nous assistons actuellement n’est pas un usage correct de la loi mais un abus flagrant de cette même loi. Les représentants sont censés suivre la volonté des électeurs, mais le système est miné par des membres du parti qui utilisent les représentants comme “agents doubles” pour rejeter la volonté des électeurs.
            Le peuple américain ne peut pas avoir foi en ce système. Il doit être réformé.
            De la même manière que j’ai dit que je réformerai nos politiques injustes de commerce, d’immigration et économique qui nuisent aux Américains, je compte bien travailler en partenariat avec le chef du Comité national républicain et les plus hautes instances du GOP [Grand Old Party, acronyme du Parti républicain américain, NdT] pour réformer notre système de vote. Ensemble nous restaurerons la confiance – et le droit de suffrage – du peuple américain.
            Il ne doit y avoir aucun doute sur le fait que ce sont les électeurs et non les donateurs qui choisissent les candidats.
            Comment en sommes-nous arrivés à un point où les politiciens défendent un système truqué de sélection de représentants avec plus de ferveur qu’ils n’en ont mis pour protéger nos frontières ?
            Peut-être est-ce parce que les politiciens se soucient plus de la sécurité de leur réseau que de celle du pays.
            Ma campagne se battra, bien sûr, pour chaque délégué. Nous travaillerons au sein du système existant tout en se battant pour le réformer à l’avenir. Mais nous le ferons de la bonne façon. Ma campagne recherchera le maximum de transparence, une représentation maximale et une participation maximale des électeurs.
            Nous livrerons une campagne qui devra renforcer les électeurs, pas les marginaliser.
Inspirons-nous des patriotes du Colorado qui se sont unis pour protester. Faisons du Colorado un symbole de ralliement de tous les oubliés dont les appels se sont heurtés depuis des décennies aux oreilles sourdes et aux yeux fermés de nos dirigeants à Washington.
            Les politiciens de carrière se sont fait leur place depuis longtemps. Faisons en sorte qu’on se rappelle 2016 comme l’année où le peuple américain s’est fait la sienne. »

            M. Trump est un candidat républicain à l’élection présidentielle.
            Source : The Wall Street Journal, le 14/04/2016